Paroles d'apprentis
• Juliette, BTS horticole
À 27 ans, Juliette Loussouarn décide de se reconvertir professionnellement et entreprend une formation de technicien supérieur production horticole en alternance. Elle est, aujourd’hui, en contrat d’apprentissage à la pépinière Jean Rey de Jonquières (Vaucluse).
Qu’est-ce qui vous a menée à l’alternance ?
Après un bac S, deux ans en faculté de mathématiques, et quelques années d’intérim, je ne trouvais toujours pas ma voie. Je me suis inscrite à l’ANPE pour suivre un bilan de compétence. J’ai alors réalisé qu’un métier auprès de la nature me correspondrait. Il a donc fallu que je reprenne des études, mais comme je voulais rester indépendante financièrement, j’ai opté pour l’alternance.
Quelles ont été vos démarches pour trouver une formation ?
Je suis allée sur Internet pour connaître les centres de formation. Il y a très peu de BTS production horticole en alternance. Comme je voulais rester dans le sud de la France, je me suis inscrite à la Maison Familiale Rurale du Grand Mas, située à Uzès. Pour intégrer le centre de formation, il faut avoir une entreprise d’accueil. Il m’a fallu deux mois pour la trouver.
Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui souhaitent devenir apprenties ?
Il faut avant tout de la maturité, et beaucoup de motivation. Le rythme est intense car nous avons le même programme qu’un BTS classique. Et, pendant les quinze jours de travail à la pépinière, je dois encore travailler mes cours le soir. Enfin, le plus important est de choisir une entreprise d’accueil où l’on fait ce que l’on a vraiment envie d’apprendre !
Avez-vous des projets ?
Beaucoup ! L’un d’eux est une création d’entreprise de services aux particuliers. J’aimerais me spécialiser dans le conseil d’entretien des végétaux et la création d’espaces verts muraux.
• Stacy, BTS communication des entreprises
Bac STT en poche, Stacy Grégoire s’oriente d’abord vers la faculté d’administration des entreprises. Mais cette première année n’est pas concluante, raconte-t-elle : « le système de la fac ne me convenait pas du tout, on est beaucoup trop indépendant, j’ai donc préféré m’orienter en BTS ». Depuis février 2008, elle a ainsi intégré l’Efficom de Paris, une école privée qui propose le BTS communication des entreprises en alternance.
Deux jours en cours et le reste du temps en entreprise, Stacy gère très bien son emploi du temps. « Le soir, après le travail, je n’ai pas de devoirs en plus, cela me permet d’étudier davantage. Nous avons un planning de contrôle prédéterminé et je peux facilement m’organiser », précise-t-elle.
Intégrer une entreprise qui motive réellement
Selon la jeune femme, « il faut travailler dans un milieu où l’on est à l’aise et où on a envie d’aller. C’est la meilleure façon d’apprendre ». Stacy est sous contrat de professionnalisation avec Groove production, un producteur de spectacles. Ses missions sont variées. Entre les relations presse, l’administration et l’organisation logistique des événements, elle devient très polyvalente.
Trouver un lieu d’accueil en communication est ardu. « J’ai attendu des mois avant d’obtenir une réponse positive. Trouver une société prête à payer votre école et à vous rémunérer 900 euros, alors que vous n’avez pas encore d’expérience, est un véritable parcours du combattant ! », explique Stacy. Malgré la difficulté, il est impératif d’intégrer une entreprise qui a un besoin véritable d’apprentis, et de s’assurer d’avoir une mission précise avant d’accepter une offre.
• Marcos, en formation qualifiante Gamedesigner
Je suis brésilien. Je viens de Porto Alegre. Je suis passionné par l’animation 3D. Au Brésil, il n’y avait pas d’école proposant de formation spécifique pour l’étudier. J’ai donc suivi des études dans la publicité car ce cursus contenait des cours sur le cinéma et les storyboards. En même temps, j’ai appris la 3D en autodidacte. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai pu démarcher dans l’animation et j’ai travaillé un certain temps dans une entreprise de dessins animés. J’ai rencontré ma femme, française, et je l’ai suivie en France il y a maintenant trois ans.
Arrivé ici, j’ai aussitôt lancé mes recherches pour trouver un travail dans l’animation. J’ai beaucoup cherché… Je ne trouvais rien. J’ai vite compris que pour trouver du travail dans cette branche, il me fallait décrocher un diplôme correspondant, le mien ne cadrant a priori pas du tout avec mes envies professionnelles. Des amis un jour m’ont parlé de la formation en alternance. L’idée m’a tout de suite plu. Mon épouse était toute seule à travailler donc être rémunéré en même temps qu’on étudie, j’ai pensé que c’était idéal dans mon cas. Je me suis donc mis à rechercher une formation. J’ai pris contact avec l’Itecom lors d’une journée portes-ouvertes. Parmi les formations proposées, celle d’animateur pour les jeux vidéo m’a tout de suite intéressé. Je me suis donc inscrit chez eux après avoir passé l’entretien et les tests préalables.
Itecom m’a fourni une liste d’entreprises à démarcher. J’ai envoyé mes CV. Le Studio Matamore s’est montré intéressé par mon expérience. J’ai fait un test d’une semaine qui s’est bien déroulé. J’ai signé avec eux mon contrat de professionnalisation. J’y travaille donc actuellement et j’en suis content.
Outre la rémunération, la formation en alternance est enrichissante au quotidien : l’alternance école / entreprise c’est pratique car on est toujours au contact des réalités du monde du travail. On est encadré par les professionnels de l’école et par les professionnels de l’entreprise. Il y a un gros échange d’informations. Evidemment, cela demande beaucoup de travail, d’investissement. C’est exigeant mais c’est bien. Et Itecom soutient beaucoup ses étudiants.
Pour la suite, j’ai des possibilités de travailler dans mon entreprise d’accueil. Mais mon intérêt se porte sur l’animation 3D. Dans mon entreprise je travaille sur le cinéma, des courts métrages. C’est intéressant mais mon objectif est de me perfectionner dans l’animation de personnages.
• David, bac pro Energétique option maintenance.
Au sortir de 3e, j’avais envie de travailler pour gagner de l’argent. Il me fallait pour cela absolument acquérir de l’expérience. Je n’avais franchement pas envie de rester à l’école. En même temps, on ne m’a pas non plus proposé d’y rester ! On m’a conseillé de m’orienter en BEP électrotechnique. Ça m’a paru une alternative intéressante. Elle collait avec mes envies de travailler pour de bon et d’être rémunéré…
J’ai fait mes deux ans dans une boîte dans laquelle je faisais du dépannage. Je travaillais également sur des chantiers. Ensuite, j’ai décidé de continuer dans la voie des diplômes en alternance. J’avais réellement besoin d’un bac pro. J’ai choisi un bac pro en climatisation car les pannes sont souvent électriques. Je pouvais donc faire valoir mes compétences acquises en BEP. Je suis actuellement en deuxième année. J’apprends à gérer, réguler les températures et les pressions, à mesurer le taux d’hydrométrie et naturellement à dépanner les climatiseurs. Il y a beaucoup de programmation dans ce métier et beaucoup de fluide frigorigène...
Travailler dans l’alternance m’apporte beaucoup. On n’a rien à perdre dans l’alternance. On est payé pour apprendre, et ça, c’est très avantageux. Par contre, c’est vraiment très exigeant. Je tiens à dire, de par mon expérience, qu’il faut vraiment savoir de qu’on veut avant de rentrer en alternance et de choisir sa formation. Il faut au minimum « kiffer l’taf » car il y a beaucoup de théorie, de cours et donc de travail à la maison. Personnellement, je travaille dans une grosse société. C’est le leader en France pour la climatisation. Le travail est dur mais passionnant. Je fais du bon travail. Mes collègues sont satisfaits. Par contre, quand je rentre le soir à la maison, je n’ai pas vraiment le courage de me plonger dans mes cours… Fatigue physique, fatigue mentale. Cela dit, je ne suis pas trop inquiet pour mes examens. On a quasiment bouclé le programme des deux ans du bac lors de notre première année… Il me faudra juste bien me remettre dans mes cours au moment des examens. A défaut d’un bon entretien des connaissances, tout aura un air de déjà vu. J’espère vraiment décrocher mon bac pro. J’aimerais être embauché dans la société dans laquelle je travaille. Elle ne m’embauchera pas si j’échoue à mes exams. Et puis, j’aimerais continuer mes études. Rester dans ce secteur et enchaîner avec un BTS en climatisation. C’est un secteur qui me plaît et avec le réchauffement climatique, on ne risque pas d’y chômer…
• Mélanie, BTS assistante de gestion PME / PMI
Après ma 3e, je me suis orientée vers un BEP comptabilité. J’ai choisi un peu au hasard mais avec la conscience du potentiel de débouchés qu’offre la comptabilité : l’immobilier, l’informatique, la compta pure, pour exemples… Après mon BEP, j’ai décidé de continuer dans cette voie. J’ai donc passé un bac professionnel en comptabilité. Maintenant, je suis en 1ère année de BTS assistante de gestion PME / PMI. Je ne voulais pas rester dans la comptabilité pure. Ce BTS est polyvalent. J’y étudie la gestion commerciale, la gestion administrative en plus de la gestion comptable. Ce BTS ouvre sur plusieurs pôles de métier. Ça m’a motivée dans mon choix.
Avec l’alternance, on entre plus vite dans la vie active. L’expérience professionnelle qu’on y acquiert est solide. Ce qu’on apprend à l’école trouve un écho immédiat dans le travail. Mes formations successives en alternance m’ont remotivée ! Je n’étais pas très bonne élève au collège mais maintenant, je suis en BTS !
J’ai trouvé mon centre de formation en cherchant des offres d’emploi sur Internet. J’ai soumis ma candidature, réussi les tests et mon entretien de motivation à l’IFCV. Je me suis mise ensuite à la recherche d’une entreprise. L’école m’a beaucoup aidée pour la trouver. Je travaille maintenant dans le Service de gestion des démonstratrices chez Dim. C’est un service RH. Pour le moment, je fais surtout de la gestion du personnel et je commence doucement à faire de la gestion commerciale.
L’école et l’entreprise sont deux milieux très différents mais complémentaires. Le rythme est très soutenu. Nous avons le même programme que les BTS classiques mais avec seulement deux jours d’école par semaine… C’est intense, concentré ! Mais quand on est motivé, on s’en sort ! Et moi, je m’en sors ! L’équipe pédagogique de l’IFCV nous soutient beaucoup aussi.
Après mon BTS, je compte m’orienter en licence RH. J’hésite cela dit avec une 3e année dans la Communication. Avec l’école, j’ai été amenée à participer à de nombreux salons et ça m’a plu. J’ai encore le temps pour y penser. Pour le moment, je dois me concentrer pour réussir ma première année.


